The Oratio de Natiuitate attributed to John Chrysostom (CPG 4990, BHG 1913k)

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, aux Sources Chrétiennes (22 rue Sala, 69002 Lyon), le mercredi 6 mai 2026 de 14h à 16h, Radu Gârbacea (Université de Sibiu “Lucian Blaga”) donnera à distance  une communication intitulée:

The Oratio de Natiuitate attributed to John Chrysostom (CPG 4990, BHG 1913k)

Radu Gârbacea will present the results of his examination of the known manuscript witnesses, conducted with a view to preparing a critical edition and translation of this homily. Carried out within the framework of the IMAGO project, the research aims to identify the symbolism of the gifts of the Magi.

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The Sermo catecheticus in sanctum pascha attributed to John Chrysostom (CPG 4605)

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 22 avril 2026 de 14h à 16h, Mark Huggins (Thessalonique) et Guillaume Bady (CNRS, HiSoMA) donneront aux Sources Chrétiennes (22 rue Sala, 69002 Lyon) une communication (en partie en anglais) intitulée:

The Sermo catecheticus in sanctum pascha attributed to John Chrysostom (CPG 4605)

Mark Huggins and Guillaume Bady will present their research on the so-called Catechetical Sermon on Pascha (CPG 4605), attributed to John Chrysostom. M. Huggins has examined the known manuscript witnesses and prepared a critical edition of this text, while G. Bady has done further research into othertextually related paschal homilies, which demonstrates not only that CPG 4605 is only piece in a much larger textual puzzle, but also that the attribution to John Chrysostom, as so often, is not everything it may at first appear to be.

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Puzzling connections between four pseudochrysostomic homilies on Job and an anonymous Latin commentary on Job

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 18 mars 2026 de 14h à 16h, Juditha Oosterhuis-den Otter (Univ. d’Apeldoorn, Pays-Bas) donnera à l’IRHT (14, cours des Humanités, 93322 Aubervilliers), salle 2.001 (2e étage) une communication en anglais intitulée:

The relationship between four pseudochrysostomic homilies on Job (CPG 4564) and an anonymous Latin commentary on Job (CSEL 96): puzzling connections

Voici la présentation qu’elle en a rédigée:

A critical edition of four pseudo-Chrysostomian homilies on Job will soon be appearing in CCSG. All four homilies have been handed down under the name of John Chrysostom. Today, however, Severian of Gabala is recognised to be the author of Homilies II-IV. 
Besides similarities between these homilies and various Greek commentaries on Job, there are also striking parallels with an anonymous Latin commentary on Job. This commentary is published in 2006 in CSEL by Kenneth Steinhauser. There is much debate about when the commentary was written and who can be considered its author. It is assumed that the author is an Arian and that the commentary stands in the Antiochian tradition. In 2003, Leslie Dossey argues that the Latin author used the homilies by Severian directly as a source. Since Severian preached in Constantinople between 400 and 430 AD, this could provide a terminus post quem for the period of origin. However, Kenneth Steinhauser believes the commentary to have been written at the end of the fourth century. If he is correct, it is impossible for the Latin author to have used the homilies as a direct source. He explains the parallels between the Latin commentary and the homilies by suggesting, among other things, that the Latin author and Severian may have drawn on a common homiletic tradition.
My aim is to investigate whether more can be said about the relationship between the Latin commentary and the four Greek homilies. I intend to do this by studying all the parallels between the commentary and the homilies. Parallels that can also be found in other Greek authors should be disregarded, as they can be considered commonplaces of patristic exegesis of Job. It will be demonstrated that the beginning of the fifth century is a plausible terminus post quem for the origin of the commentary.

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L’homélie De Turture (CPG 4547): comparaison entre l’arménien et les recensions orientales

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 18 février 2026 de 14h à 16h,  Dante Borghi (Univ. Modena e Reggio Emilia, Univ. Bologna) donnera aux Sources Chrétiennes (22 rue Sala, 69002 Lyon) une communication (en anglais) intitulée:

The Homily De Turture (CPG 4547): A comparison between the Armenian and Eastern recensions

The homily De turture (CPG 4547) is traditionally attributed to John Chrysostom, but recent studies have ascribed it to the so-called Pseudo-Chrysostom of Cappadocia.
In addition to the Greek and Latin manuscript tradition, the homily has also been widely spread among the languages of the ancient Christian East: Armenian, Syriac, Georgian, and Church Slavonic. Through the presentation of the manuscript tradition and textual comparison, this paper aims to highlight some relationships between the Armenian and the other Eastern versions. Some Loci critici will be discussed and an attempt will be made to draw some conclusions pending the Greek critical text, which is currently being collated.

L’homélie De turture (CPG 4547) est traditionnellement attribuée à Jean Chrysostome, mais des études récentes l’ont attribuée à un “Pseudo-Chrysostome de Cappadoce”.
Outre la tradition manuscrite grecque et latine, l’homélie a été également largement diffusée dans les langues de l’Orient chrétien antique : arménien, syriaque, géorgien et vieux-slave. À travers la présentation de la tradition manuscrite et la comparaison des textes, l’exposé vise à mettre en évidence certaines relations entre la version arménienne et les autres versions orientales. Certains loci critici seront discutés et une tentative sera faite pour tirer certaines conclusions en attendant le texte critique grec, qui est actuellement en cours de collationnement.

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Le procès de Paul et l’Évangile dans les Homélies 50-53 sur Actes 23-26 de Jean Chrysostome

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 14 janvier 2026 de 14h à 16h,  Mark Elliott (Wycliffe College, Univ. Toronto) donnera aux Sources Chrétiennes (22 rue Sala, 69002 Lyon) une communication (en anglais) intitulée:

Due process, Paul and the Gospel according to Chrysostom’s Homilies on Acts 23-26 (CPG 4425, Homs 50-53)

L’état du texte des homélies chrysostomiennes sur les Actes des Apôtres, on le sait, ne permet guère de deviner quelle a été réellement la prédication du grand évêque. Il s’agit sans doute moins d’un conflit de leçons entre les manuscrits que d’un problème de sténographie. Néanmoins, une partie appréciable peut être entendue comme la voix vivante de Chrysostome. Selon lui, le livre des Actes est un témoignage de la Providence de Dieu qui intervient à travers les institutions et les moyens d’action terrestres. D’abord seront examinées ici la question de l’autorité apostolique, voire episcopale, puis l’exégèse chrysostomienne d’Ac 23-26, lorsque Paul est sur au banc des accusés, avant une courte réflexion conclusive sur l’essence de la prédication de Jean Chrysostome par rapport à l’œuvre de Margaret Mitchell.

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Les homélies chrysotomiennes Sur l’Épître aux Philippiens dans les florilèges byzantins

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 12 novembre 2025 de 14h à 16h, Pierre Augustin (CNRS, IRHT, Aubervilliers) donnera aux Sources Chrétiennes (22 rue Sala, 69002 Lyon) une communication intitulée:

La tradition indirecte des homélies Sur l’Épître aux Philippiens (CPG 4432) dans les florilèges byzantins, du VIe au IXe siècle

Les homélies 6 et 7 (7 et 8 Field) de la série Sur l’Épître aux Philippiens sont plusieurs fois assez longuement citées dans les anciens florilèges dogmatiques : l’homélie 6/7 intervient dès le VIe siècle dans la controverse menée contre les monophysites par [les néo-chalcédoniens,] Justinien et Léonce de Byzance (voir aussi, plus tard, Pamphile et Anastase le Sinaïte); l’homélie 7/8, quant à elle, se trouve citée au IXe siècle dans le florilège qui accompagne le grand traité anti-iconoclaste de Nicéphore de Constantinople. Nous verrons que, si le texte transmis par les florilèges du VIe siècle s’apparente plutôt à la « recension rude » de ces homélies, les deux recensions sont attestées dès le IXe siècle dans le florilège de Nicéphore de Constantinople.

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Réflexions sur les « Homélies nouvelles » de Jean Chrysostome en tant que collection

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 1er octobre 2025 de 14h à 16h, Guillaume Bady (CNRS, HiSoMA – Sources Chrétiennes) donnera une communication intitulée:

Réflexions sur les « Homélies nouvelles » de Jean Chrysostome en tant que collection

L’exposé portera sur les questions posées par l’homogénéité, l’authenticité, les caractéristiques et les motifs possibles de ces homélies découvertes dans un manuscrit du Vatican par B. de Montfaucon, puis dans un manuscrit, plus complet, de l’Athos par A. Wenger.

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Dieu “parfait” et le Christ en action chez Jean Chrysostome : deux communications d’Alexandre Étaix et de Justin Hagerman le 21 mai 2025

Le mercredi 21 2025 de 14h à 16h, la séance du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, comportera deux communications :

14h

« Dieu est ἀνενδεής » (ne manquant de rien, parfait) : un adjectif de théologie négative chez Jean Chrysostome

par Alexandre Étaix (Anselmianum, Rome)

Le mot ἀνενδεής – qui signifie « ne manquant de rien, parfait » – est relativement peu utilisé par Jean Chrysostome ; mais il a la particularité d’être presque exclusivement appliqué à Dieu. À travers une analyse des textes où il l’emploie, nous proposons d’exposer cet aspect spécifique de sa théologie et par lequel il définit Dieu. Il nous amène ainsi à contempler, dans l’initiative de la création et de la rédemption, la pure et absolue gratuité de l’acte divin. Pour Chrysostome, cette gratuité est à la fois la condition et le modèle ultime de la liberté que chaque baptisé est appelé à vivre.

15h

Comment parler des actions du Christ ? Trois verbes de l’Épître de Paul aux Philippiens et l’emploi des verbes christologiques chez Jean Chrysostome

par Justin Hagerman (Univ. Catholique de Lyon)

Dans son Épître aux Philippiens (3,21 et 4,13), Paul utilise trois verbes différents pour décrire les actions du Christ (ressuscité) : (a) μετασχηματίσει (3,21 : « transfigurera ») ; (b) ὑποτάξαι (3,21 : « soumettre ») ; (c) ἐνδυναμοῦντι (4,13 : « rend fort »). Ces versets – et plus particulièrement ces verbes christologiques de Paul – se retrouvent, à douze reprises selon Biblindex, dans les œuvres de Jean Chrysostome (Expositiones in Psalmos ; Homiliae 1–90 in Matthaeum ; In epistulam ad Philippenses homiliae 1–15 ; In epistulam ad Romanos homiliae 1–32 ; In epistulam primam ad Corinthios homiliae 1–44). À la lumière de la présence de ces trois verbes dans les écrits de Paul et ceux de l’Antiochien, notre étude a pour l’objectif d’élaborer un catalogue des verbes que Chrysostome utilise avec la figure du Christ comme sujet grammatical. L’objectif de cette recherche sera double : premièrement, créer un cadre lexical permettant des comparaisons plus fines entre la littérature biblique et patristique ; deuxièmement, mieux apprécier la créativité littéraire nuancée de Chrysostome dans la mise en scène de l’identité du Christ à partir de ses actions.

Lieu: Sources Chrétiennes, 22 rue Sala, 69002 Lyon

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ID de réunion : 919 8320 0792 – Code : 2sUFAY

Contacts : pierre.augustin@irht.cnrs.fr, guillaume.bady@mom.fr, catherine.broc-schmezer@univ-lyon3.fr

Note à propos du titre grec de l’homélie Sur les Rameaux de Sévérien de Gabala

par Pierre Augustin (IRHT)

Lors de la discussion qui a suivi l’exposé de Sergey Kim sur « L’original grec retrouvé de l’homélie sur les Rameaux de Sévérien de Gabala » (De aduentu Domini super pullum, CPG 4246.1 – 4287), le mercredi 16 octobre 2024, il fut longuement question du titre de l’homélie, dans cette version grecque nouvellement mise au jour. Après avoir rappelé que la présence simultanée de titres initiaux et de « titres de fin » (tituli finales) constituait un « archaïsme » trahissant une période de transition dans la mise en page de son unique témoin grec, fragmentaire, le ms. Sīnāʾ, Μονὴ τῆς Ἁγίας Αἰκατερίνης, ΝΕ (Νέα Εὐρήματα), ΜΓ 3, qui apparentait ce panegyrikon à l’homéliaire Sinait. gr. 491-492, en majuscule ogivale inclinée de type palestino-sinaïtique du XIe ou du Xe siècle[1], Sergey Kim soulignait en particulier la manière inhabituelle dont était formulé dans ce témoin le « titre de fin » (seul conservé) de l’homélie de Sévérien sur les Rameaux, disposé en calligramme ou « en triangle renversé », entre deux lignes décoratives, au f. 4r du codex :

ⴕ Σευηριανοῦ ἐπισκόπου Γα| [9 syll.]
βάλων εἰς τὸν εὐλογη| [7 syll.]
μένον : — [2 syll.][2]

L’hypothèse émise par Sever J. Voicu pour expliquer ce curieux accusatif masculin εἰς τὸν εὐλογημένον était qu’il s’agissait vraisemblablement d’une « distraction » du copiste « palestinien » de langue arabe peu familier avec les expressions grecques, qui avait été tenté d’appliquer au Christ lui-même, objet de cette acclamation du peuple en liesse de Jérusalem, ce qui n’était à l’origine, selon toute vraisemblance, qu’une manière elliptique de mentionner l’incipit, si ce n’est de la péricope évangélique servant de lecture liturgique pour les Rameaux, du moins de son principal verset commenté (εἰς τὸ <ῥητὸν τοῦ Εὐαγγελίου>· εὐλογημένος) : Jn 12, 13[3].

Or il se trouve qu’un parallèle intéressant nous est fourni par l’exemple d’une autre homélie constantinopolitaine sur les Rameaux, In ramos palmarum (CPG 7898 ; BHG 2216), largement transmise sous le nom de Jean Chrysostome, mais réattribuée par ses éditeurs, Cornelis Datema et Pauline Allen, à Léonce de Constantinople. L’une des deux versions abrégées de cette homélie (homilia IIIa ; BHG 2216b) n’est en effet représentée que par deux témoins antiquiores du rameau ω1 de la tradition : les mss Paris, BnF, grec 1476, daté de 890 (sigle A de Datema-Allen), et Leukōsia/Nicosia, Βιβλιοθήκη τῆς Ἀρχιεπισκοπῆς Κύπρου, 19, du Xe ou XIe siècle (sigle N de Datema-Allen).

Comme l’expliquent les auteurs de l’édition, contrairement à BHG 2216a, qui transmet une recension abrégée de l’intégralité de l’homélie, BHG 2216b ne comprend, elle, que les lignes 1-174 (Datema-Allen 1987, p. 151-167), c’est-à-dire la première partie de cette recension abrégée, précisément la section correspondant au commentaire de Jn 12, 13 : Ὡσαννὰ ἐν τοῖς ὑψίστοις, εὐλογημένος ὁ ἐρχόμενος ἐν ὀνόματι κυρίου, βασιλεὺς τοῦ Ἱσραήλ[4]. Selon C. Datema et P. Allen, telle serait la raison pour laquelle ces deux témoins sont les seuls à attester un titre long. « Dans le plus ancien manuscrit, A, cette limitation est nettement explicitée dans le titre : εἰς τὰ βαΐα καὶ εἰς τὸ εὐλογημένος ; ces mots sont répétés dans la subscriptio[5] ».

Le ms. Paris, BnF, grec 1476, dont la date de copie (l’an 890) peut être considérée comme un terminus ante quem pour cette recension abrégée partielle, est en effet muni simultanément, comme le Sinaïticus ΝΕ ΜΓ 3, de titres initiaux et finaux[6] :

– tit. init. (fol. 47r) :

ⴕ Τοῦ ἁγίου Ἰωάννου ἀρχ(ι)επι|
σκό(που) Κωνσταντινουπόλ(εως) τοῦ Χρ(υσοστόμου)
λόγος εἰς τὰ βαΐα κ(αὶ) εἰς τὸ εὐλογημ(ένος)

– tit. fin. (fol. 49r) : ⴕ Τοῦ ὁσ(ίου) π(ατ)ρ(ὸ)ς ἡμῶν ἰω(άννου) τοῦ Χρ(υσοστόμου) λό(γος) εἰς τὰ βαΐα κ(αὶ) εἰς τὸ εὐλογημ(ένος)

Quant au ms. Leukōsia/Nicosia, Βιβλιοθήκη τῆς Ἀρχιεπισκοπῆς Κύπρου, 19, légèrement postérieur (du Xe ou XIe siècle[7]), il présente, dans le pinax initial de sa deuxième partie comme dans le titre même de l’homélie, une erreur manifeste, précisément celle même qui a conduit au titre du Sinaïticus ΝΕ ΜΓ 3. Il semble que son copiste ait mal interprété le titre de son modèle, d’autant plus aisément que ce dernier avait sans doute recours à des abréviations par suspension :

pinax init. [UC 2] (fol. 142v) : λό(γος) η’ τοῦ αὐτ(οῦ) λό(γος) εἰς τὰ βαΐα κ(αὶ) εἰς τὸν εὐλογημ(ένος) | ὁ ἐρχόμ(ενος)[8] ;

– tit. init. (fol. 186v) : + Τοῦ αὐτοῦ λό(γος) εἰς τὰ βα|ΐα καὶ εἰς τὸν εὐλογημ(ένος)

Il semble par conséquent à peu près certain que le titre de notre homélie de Sévérien dans le Sinaïticus ΝΕ ΜΓ 3 soit dû à la même erreur de lecture sur son modèle, peut-être en raison d’une mauvaise résolution d’abréviations par suspension. C’est sans doute ce caractère elliptique du titre grec qui aura mis en difficulté le copiste et qui nous aura valu ce titre énigmatique.

Ce titre est pleinement justifié pour l’homélie III In ramos palmarum de Léonce de Constantinople, dont la première partie, nous l’avons vu, est entièrement consacrée, comme dans son homélie II, au commentaire de Jn 12, 13 : dans les deux cas, l’anaphore de ce verset, qui, à l’époque, faisait partie de la lecture liturgique du jour, scande l’homélie à cinq reprises à la manière d’un refrain, non sans évoquer l’antienne d’une procession liturgique[9]. En revanche, l’existence d’une telle procession n’est pas assurée à Constantinople vers la fin du quatrième siècle. L’état lacunaire du texte de Sévérien de Gabala ne permet pas non plus de savoir si Jn 12, 13 y faisait l’objet d’un commentaire développé, comme le laisserait entendre son titre. S’il est vraisemblable qu’il ait été mentionné dans la partie aujourd’hui perdue, actuellement, en tout cas, il n’intervient qu’une seule fois juste avant la doxologie finale et constitue précisément la dernière phrase de l’homélie[10]. Ce texte fragmentaire ne permet pas non plus de confirmer la lecture liturgique de Jn12, 13 pour le Dimanche des Rameaux à Constantinople vers 400. Ce témoignage serait d’autant plus précieux que nous n’en avons aucune attestation dans les discours de Grégoire de Nazianze et les homélies constantinopolitaines de Jean Chrysostome[11]. La comparaison des sermons de Sévérien et de Léonce laisse par conséquent subsister des zones d’ombre, mais elle souligne néanmoins l’importance de relever et d’analyser les titres grecs attestés dans la tradition homilétique.

[1] Voir Sergey Kim, « Новооткрытый греческий оригинал утерянной проповеди Севериана Гавальского «На вход Господень в Иерусалим» (CPG 4246 = CPG 4287) / Издание древнегреческого текста и русский перевод » [L’original grec nouvellement découvert du sermon perdu « Sur l’entrée du Seigneur à Jérusalem » de Sévérien de Gabala (CPG 4246 = CPG 4287). Édition du texte grec ancien et traduction russe], Библия и христианская древность 23, 3 (2024), p. 15-38, ici p. 21.

[2] Kim, « Новооткрытый », p. 21 et 29 ; pl. (n. & bl.) p. 26 (f. 4r).

[3] Ibid., p. 21 et 29 ; voir aussi Mt 21, 9, Ps 118, 25 s. Selon le Synaxaire ou Typikon de la Grande-Église de Constantinople (Jérusalem, Πατριαρχική Βιβλιοθήκη, Τιμίου Σταυρού 40, du Xe siècle), la péricope évangélique lue pour le Dimanche des Rameaux était Jn 12, 1-18 : J. Mateos, Le Typicon de la Grande Église : Ms. Sainte-Croix n° 40, xe siècle. II, Le cycle des fêtes mobiles (OCA 166), Roma, 1963, p. 64-67. C’était peut-être déjà le cas à Antioche à l’époque de Jean Chrysostome et sûrement à CP. à celle de Léonce, mais les témoignages pour la capitale vers 400 font défaut : Gary Ph. Raczka, The Lectionary at the Time of Saint John Chrysostom, Notre-Dame, IN, 2015, p. 214 et tableau p. 225 (Jean Chrysostome à Antioche), p. 95, 322 et tableau p. 359 (Léonce, hom. II et III), p. 267, 273, 277, 280, 302 et 316 (Grégoire de Nazianze et Jean Chrysostome à CP.). Jn12, 13 est attesté par Proclus de CP. (ⴕ 446 ; hom. IX), ibid., p. 103 et tableau p. 346. Voir aussi la note suivante.

[4] C. Datema, P. Allen, Leontii Presbyteri Constantinopolitani Homiliae (CCSG 17), Turnhout – Leuven, 1987p. 146.

[5] Ibid. : « In the older MS A this limitation is expressed clearly in the title : εἰς τὰ βαΐα καὶ εἰς τὸ εὐλογημένος ; these words are repeated in the subscriptio ».

[6] Datema – Allen, Leontii Presbyteri, 1987, p. 146 et 151 (apparat critique). Voir les notices succinctes sur les mss Parisinus gr. 1476 (ff. 47-49) et Nicosiensis gr. 19 (ff. 186v-190), p. 121 (nn° 51-52, sous les sigles A et N), ainsi que les p. 146 et 149. Les abréviations par suspension sont indiquées entre parenthèses.

[7] Du Xe siècle selon A. Ehrhard, Überlieferung und Bestand der hagiographischen und homiletischen Literatur der griechischen Kirche von den Anfängen bis zum Ende des 16. Jahrhunderts. I. Teil, Die Überlieferung. I-III (TU 50-52), Leipzig – Berlin, 1937-1952, II, p. 248 et Ch. I. Papaïoannou, « Κατάλογος », 1906, p. 98 (voir la note suivante) ; du XIe siècle selon E. Bihain, La Tradition manuscrite grecque des œuvres de Saint Cyrille de Jérusalem, Univ. Catholique de Louvain, Faculté de Philosophie et Lettres, 1966, t. I, p. 61-68 (notice), ici p. 61 (en ligne) https://dial.uclouvain.be/pr/boreal/object/boreal:12595

[8] On notera au passage que ce titre a été transcrit τοῦ αὐτοῦ εἰς τὰ βαΐα καὶ εἰς τὸν εὐλογημένον par Ch. I. Papaioannou, « Κατάλογος τῶν χειρογράφων τῆς βιβλιοθήκης τῆς Ἀρχιεπισκοπῆς Κύπρου », Ἐπετηρὶς τοῦ φιλολογικοῦ Συλλόγου Παρνασσοῦ 9 (1906), p. 81-127, ici p. 99 (en ligne) : https://lsparnas.gr/wp-content/uploads/2022/05/epethris-etos-u.pdf

[9] C. Datema, P. Allen, Leontius Presbyter of Constantinople. Fourteen Homilies Translated, Introduced and Annotated (Byzantina Australiensia 9), Leiden – Boston, MA, 1991, p. 15, 31-32. Sur la lecture liturgique de Jn 12, 1-15 à Constantinople à l’époque de Léonce, en contraste avec Mt 20, 29 – 21, 17 ou 21, 1-11 attesté dans le Lectionnaire arménien de Jérusalem, voir ibid., p. 34.

[10] Jn 12, 13 intervient de même juste avant la doxologie dans une autre homélie pseudo-chrysostomienne prononcée un Dimanche des Rameaux, In Martham, Mariam et Lazarum (PG 61, 701-706 ; CPG 4639 ; BHG 2219), réattribuée à Léonce par Maurice Sachot et Sever Voicu ; M. Sachot, L’homélie pseudo-chrysostomienne sur la Transfiguration CPG 4724, BHG 1975 : Contextes liturgiques, restitution à Léonce, prêtre de Constantinople, édition critique et commentée, traduction et études connexes (Publications Universitaires Européennes, s. XXIII : Théologie 151), Frankfurt am Main – Bern, 1981, p. 472-473 ; S. J. Voicu, « Dieci omelie di Leonzio di Costantinopoli », in : Miscellanea Metreveli (Studi sull’oriente cristiano 5, 1), Roma, 2001, p. 165-190, ici p. 188, n° 16. Dans ce cas, le verset se trouve également commenté dans le corps de l’homélie en tant que lecture liturgique du jour (ἅπερ ἀρτίως ἠκούσαμεν· Ὡσαννὰ, εὐλογημένος…, col. 703, linn. 31-33).

[11] Voir ci-dessus la n. 3.

Tools, Tricks, and Techniques: Managing the Manuscripts of Chrysostom’s Homilies on Romans – communication de Peter Montoro le 16 avril 2025

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 16 avril 2025 de 14h à 16h, Peter Montoro (Tyndale House, Cambridge) a donné une communication intitulée:

Tools, Tricks, and Techniques: Managing the Manuscripts of Chrysostom’s Homilies on Romans

The manuscript tradition of Chrysostom’s works is enormous and at times, almost overwhelming. Good tools are essential for continued progress. This paper will provide an overview of the tools, tricks, and techniques that were found useful in managing the manuscript tradition of the Homilies on Romans. In particular, it will survey methods for organizing and manipulating images; creating a base text; indexing, transcribing and collating manuscripts, and analyzing variants for stemmatic information.

Contacts : pierre.augustin@irht.cnrs.fr, guillaume.bady@mom.fr, catherine.broc-schmezer@univ-lyon3.fr

Conférence de Margaret M. Mitchell sur l’homélie In illud: apparuit gratia dei omnibus hominibus (CPG 4456) et son authenticité chrysostomienne

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 19 mars 2025 de 16h à 18h, Margaret M. Mitchell (University of Chicago) donnera, en visioconférence, une communication intitulée:

In illud: apparuit gratia dei omnibus hominibus (CPG 4456): A Consideration of Arguments for Genuine Chrysostomic Authorship

Voici la présentation qu’elle en donne:

In my 2022 volume, John Chrysostom on Paul: Praises and Problem Passages, I provided an emended critical Greek text and first English translation of the homily In illud: apparuit gratia dei omnibus hominibus (Hom. Tit. 2:11-12  [CPG 4456]), which had first been published (Greek text and French translation) by Antoine Wenger in Revue des études byzantines in 1971 (“Une homélie inédite de Jean Chrysostome sur l’épiphanie”). On pp. 51-58 of my volume I considered the case for the authenticity of this homily which had been regarded as genuine by Wenger, but of doubtful authenticity by Wendy Mayer (The Homilies of St John Chrysostom: Provenance, Reshaping the Foundations, 2005, 26). I sought to invite further discussion of this question, and provided arguments on the basis of codicology, textual criticism, style and diction, form of argument, contents, and plausible historical setting, that the case for authenticity, while not absolutely certain, was sufficient for including this homily in my volume of sermons by Chrysostom on individual Pauline lemmata. Among other arguments, I sought to question Wenger’s assumption that this was a homily originally designed for the Feast of the Epiphany (with which he linked his case for authenticity). In laying out my assessment of the evidence, I made “a bid for other scholars to assess these new arguments … in ongoing research on Chrysostom’s homilies and the Pseudo-Chrysostomica” (JCPPPP, 58). To my knowledge, no one has yet taken up that invitation, and I would cherish the chance to carry forward this discussion and debate with you fellow Chrysostomiens in the Sources Chrétiennes Seminar.

Lien de visioconférence: https://cnrs.zoom.us/j/91983200792?pwd=R1NLU2drZ1VldXh0WTVWMytSbkJTUT09

ID de réunion : 919 8320 0792 – Code : 2sUFAY

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L’animal qui a perdu sa voix : une vision « cynique » de l’homme après Babel chez Jean Chrysostome – communication de G. Bady le 19 février 2025

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 19 février 2025 de 16h à 18h (et non de 14h à 16h), Guillaume Bady (CNRS, HiSoMA – Sources Chrétiennes) donnera une communication intitulée:

L’animal qui a perdu sa voix : une vision « cynique » de l’homme après Babel chez Jean Chrysostome

Parmi les figures de l’animal, celles issues des traditions cynique et diatribique courent de manière singulière chez les auteurs patristiques. L’influence des philosophes cyniques et plus généralement des usages de la diatribe sur les écrivains et prédicateurs chrétiens des premiers siècles est déjà connue : comme les cyniques, opérant un renversement des valeurs par une provocation délibérée les chrétiens vantent les qualités de certains animaux afin de promouvoir les vertus chez les humains. L’un des thèmes privilégiés est la distinction entre les humains, doués de raison, et les animaux, qui en grec tout autant que ζῷα sont dits ἄλογα, « sans raison », « bêtes » dans tous les sens du terme. C’est sur ce thème que cet exposé se concentrera, à partir d’un texte de l’Antiochien, qui dans la deuxième Homélie sur l’obscurité des Écritures développe l’idée qu’après Babel, l’être humain est le seul animal qui a perdu sa voix. Sont ensuite examinés les passages où il est dit plus « bête » (alogoteros) que les bêtes, ouvrant sur une surprenante conséquence christologique: pour cet humain « aloge », Dieu lui-même se fait animal « aphone ».

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Preaching in a city in lockdown. John Chrysostom’s homily series On the statues : conférence de Jonathan Stutz le 15 janvier

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 15 janvier 2025 de 14h à 16h, Jonathan Stutz (Humboldt Universität zu Berlin) donnera une communication intitulée:

Preaching in a city in lockdown. John Chrysostom’s homily series On the statues

The presentation will examine the series of homilies delivered by John Chrysostom in 387 CE during Lent, in the aftermath of the Riot of the Statues in Antioch. Addressing the harrowing events witnessed by the Antiochenes and calling for repentance and moral reform, these homilies offer valuable insights into late antique homiletic practices. Building on the premise that emotions were a central element of late antique rhetorical tradition, the presentation will explore the interplay between John’s interpretation of the events and the emotions he aimed to evoke among his listeners, with fear occupying a particularly prominent role. In doing so, Chrysostom not only directed his audience’s attention to divine judgment but also outlined new models of virtue for them to emulate.

L’orateur parlera en visioconférence. Voici le lien: https://cnrs.zoom.us/j/91983200792?pwd=R1NLU2drZ1VldXh0WTVWMytSbkJTUT09

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The Notion of Martyrdom in John Chrysostom : communication de D. Garić le 4 décembre 2024

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 4 décembre 2024 de 14h à 16h, Dragoljub Garić (KU Leuven) donnera une communication intitulée:

To humankind’s whole nature: Reassessing the Notion of Martyrdom in John Chrysostom

L’orateur parlera en visioconférence. Voici le lien: https://cnrs.zoom.us/j/91983200792?pwd=R1NLU2drZ1VldXh0WTVWMytSbkJTUT09

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Le sort des âmes après la mort selon Jean Chrysostome : communication de P. Augustin le 13 novembre 2024

Dans le cadre du séminaire “Jean Chrysostome : édition et histoire des textes”, le mercredi 13 novembre 2024 de 14h à 16h, Pierre Augustin (IRHT, Aubervilliers) donnera une communication intitulée:

Le sort des âmes après la mort selon Jean Chrysostome : une critique de la nécromancie et de la métempsycose (De Lazaro concio II ; In Matthaeum homilia XXVIII)

Poursuivant notre évocation de quelques controverses théologiques développées par Jean Chrysostome en marge de son exégèse de la Parabole de Lazare et du Riche (Lc 16, 19-31), nous analyserons la manière dont il se représente le sort des âmes après la mort (à propos de Lc16, 22a), en examinant son argumentation contre la nécromancie et la métempsycose dans deux développements parallèles de son second Discours sur Lazare et de sa vingt-huitième Homélie sur Matthieu. Nous verrons qu’au-delà des pratiques superstitieuses flétries par Chrysostome chez ses fidèles antiochiens, cette argumentation doit vraisemblablement être comprise comme une réponse aux critiques formulées par les païens (l’Empereur Julien, Eunape) contre le culte des martyrs chrétiens, la dévotion aux anges et l’affirmation de leur fonction d’intercesseurs, dans le contexte antiochien de la seconde moitié du IVe siècle.

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